AVANT...

Avant, je m’éveillais peu avant 6h15 pour pouvoir écouter chaque matin la chronique de Jean Amadou sur une radio à l’enseigne européenne qu’on appelait pourtant périphérique. A cet effet je possédais un radio réveil branché sur la fréquence idoine alimenté au courant alternatif 50 hertz.

Avant, j’étais prêt à quitter mon domicile, rasé, coiffé (ça m’est arrivé aussi !), paré de mes plus beaux atours, mes chaussures à semelle de cuir bien cirées, une cravate soigneusement nouée devant mon miroir, un manteau droit d’un faiseur italien et une écharpe que je n’avais pas choisi rouge pour éviter toute confusion sur mon appartenance.

J’avais pris soin, avant le départ de mon domicile, de consulter, avant de les effacer très rapidement, les rares messages du répondeur téléphonique qui était branché en ligne sur mon minitel 2.

Avant huit heures j’étais à mon cabinet, après une première halte sociale au café du coin où j’apprenais, partageais et commentais les dernières nouvelles délivrées par le quotidien local et les journaux gratuits qu’on distribuait sur mon passage.

Ensuite, ma secrétaire se chargeait de gérer les appels téléphoniques qui auraient pu perturber ma tranquillité. Quelques informations générales me parvenaient, chaque heure, d’un bulletin d’information délivré par FIP, fréquence musicale qui agrémentait en sourdine ma journée de labeur.

Une fois par semaine, j’avais accès à des informations spécifiques distillés par LVA que je parcourais goulûment le soir ou  le week- end au même titre que d’autres hebdomadaires économiques, politiques ou tout simplement populaires. J’avais le choix.

Maintenant, me voici relié au monde entier par Internet, ses réseaux et ses nuages, Facebook, LinkedIn, Box, Doodle, Skype et d’autres encore. J’ai plein d’ «amis » que je ne connais pas partout dans le monde, même dans des endroits où je ne suis jamais allé et « que je ne sais même pas où c’est ». Chaque matin Google me donne de mes nouvelles, sait mieux que moi où je suis et où je devrais être. Mes « amis » m’adressent toutes sortes de messages que je dois déchiffrer à tout instant. Si je m’astreignais à les lire, je pourrai savoir tout sur tout, surtout sur ce qui ne m’intéresse pas. Je consulte aussi par devoir les nouvelles de différents journaux et magazines sur ma tablette avant de m’installer devant mon ordinateur pour prendre connaissance, trier, éliminer et répondre aux messages déposés chaque minute sur mon adresse e-mail.

J’ai avalé trois cafés. Il est déjà 10 heures… je recherche des chaussures plus confortables que mes anciennes aux semelles de cuir rigidifiées par le temps pour mettre un pied dehors. Je n’ai toujours rencontré personne mais je reste connecté à mon téléphone par le Wi-Fi de mon automobile moderne et relié au ciel et à la terre par un GPS qui m’indique, par défaut, la destination de rêve de mon dernier week-end. Ma boîte à lettres, relevée au passage, était encore presque vide ce matin. Les notifications de mon téléphone cellulaire agitent incongrûment ma cuisse gauche. Je devrais répondre.

Répondre…on me presse de répondre. Je ne sais par où commencer. J’en oublierai probablement !

Il est midi.

J’allais aussi oublier… Avant…je travaillais !

Pierre WEHNER

P.S : Maintenant, cette année, il a deux dîners de l’ACSO Classic en janvier 2017! Le premier a été, grâce à vous, un beau moment de partage de plaisir et de bonne humeur …. un signe pour cette nouvelle année, la 120° de l’ACSO. Quant au second il arrive bientôt !


Découvrez au format pdf ce (deuxième) bulletin du mois de janvier 2017 de l'ACSO Classic !

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