L’ART D’ACCOMODER (chèrement) LES RESTES

Initialement, de doux nostalgiques visionnaires (au moins septuagénaires aujourd’hui) de l’automobile d’un autre âge ont, naguère, accumulé, conservé, rafistolé, coupé, soudé, usiné, raboté, en bref ressuscité des morceaux de carcasses automobiles, qui avaient traversé une ou plusieurs guerres sous différentes affectations, pour leur redonner un aspect convenant à leurs origines, voire leur lustre d’antan.

Ainsi les années 50 ont vu réapparaitre des Delahaye, des Delage, des Bugatti et bien d’autres gazogènes moins prestigieuses qui avaient achevé glorieusement, quoique dans l’indifférence, les services qu’elles avaient dû effectuer à l’usage d’engins agricoles, commerciaux, industriels voire militaires.

Les certificats d’immatriculation avaient été (le plus souvent inutilement dans l’esprit des propriétaires) conservés.  On ignorait alors la valeur que l’avenir leur octroiera !

Les trente glorieuses ont gratifié notre humanité d’un certain nombre de chefs d’œuvre, le plus souvent destinés à des joutes patriotiques sur les terrains du Mans, du Nürburgring, de Silverstone, de Monaco et d’autres lieux entrés dans la mythologie. Ces merveilleuses machines, vendues, revendues, usées jusqu’aux cordes des tracés des courses régionales sont devenues aujourd’hui les joyaux d’un patrimoine dont se sont emparés les spéculateurs et les marchands d’illusions. Je n’irai  pas jusqu’à oser penser qu’elles aient pu servir à des transferts frauduleux internationaux de capitaux…quoique !

Toujours est- il, que, sauvées pour quelques rares exemplaires de leur retraite sportive, les Bugatti, Ferrari GTO, Jaguar D et autres Cobra ou GT 40 ont inspiré les faussaires, qui à raison de plusieurs centaines d’exemplaires produits chaque année depuis plusieurs décennies ont falsifié le marché des authentiques objets d’art. Bien malin qui saura reconnaitre l’authenticité des modèles que savent reproduire merveilleusement les officines argentines, sud- africaines, américaines ou anglaises sans parler de géniaux amateurs capables de reproduire à l’identique les modèles originels. On connait aussi la valeur insensée des certificats d’immatriculation d’origine qui ne peuvent échapper, eux non plus, à la sagacité d’autres faussaires.

Mais voici qu’apparait un nouveau genre ! Les départements « Héritage » et les « continuations cars » des grandes marques historiques : Porsche, Mercedes, Ferrari, Alfa Roméo, Jaguar, Aston Martin, etc. Ceux- la, attirés par l’engouement spéculatif du « classic » viennent de nous inventer « l’authenticité virtuelle ». Voilà qui va troubler encore plus nos convictions et nos certitudes ! J’y reviendrai.

En tous cas, tout ce monde s’exposait, pèle-mêle, à Rétromobile la semaine dernière. Heureusement, et le public ne s’y est pas trompé, il y avait une automobile dont l’authenticité n’est pas contestable même si son certificat d’immatriculation n’existe plus qu’à l’état de copie. Elle arborait fièrement les couleurs de la Fondation du Patrimoine, des 120 ans de l’ACSO et de l’ACSO Classic. Elle est revenue de son exposition parisienne et vous souhaite de nouveau la bienvenue dans l’entrée de l’Automobile Club.

Notre MARATUECH !

Pierre WEHNER


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