LIBERTÉ EN SURSIS

Le dimanche 28 juin, les électeurs bordelais (du moins 38% d’entre eux) se sont rendus aux urnes et ont élu un nouveau maire. Un changement, une révolution politique, culturelle et sociologique qu’il faut accepter car c’est le respect de la démocratie et un des fondements de notre République.

Les premiers propos du nouveau maire ont été une hostilité déclarée et assumée envers les automobilistes résidant, travaillant ou traversant Bordeaux : « Je ne veux pas interdire la voiture, mais rééquilibrer les choses, même si à terme je pense qu’on ira vers une interdiction » (20 Minutes, 1er juillet 2020). S’il a depuis légèrement atténué ses propos, la volonté existe et le terme indéterminé sera certainement à la fois progressif et rapide dans les six années à venir. Et il aura des répercussions dans d’autres zones de la métropole et de la Gironde, n’en doutons pas.

Les passionnés que nous sommes sont bien évidemment impactés par de tels propos.

Tout comme par la promesse encore plus immédiate d’une Zone à Faible Émission à l’échelle bordelaise en dépit de seuils scientifiques favorables dans notre région. Une mesure idéologique s’appuyant sur la possibilité offerte à partir de 2021 dans de nombreuses agglomérations par l’adoption de la Loi d’Orientation des Mobilités. Le Président de la République l’a d’ailleurs rappelé dans son discours le 14 juillet. Et le nouveau maire de Bordeaux va peser de tout son poids pour faire voter cette mesure à l’échelle de la métropole, décisionnaire en la matière.

La FFVE le répète régulièrement, notre passion pour l’automobile ancienne représente moins de 1% du parc automobile et circule 15 fois moins que la moyenne. Dans un contexte hostile, une dérogation pour les voitures de collection sera-t-elle possible à Bordeaux ? Ce devra être l’un de nos objectifs, un de nos combats à mener.

Car notre passion doit être partagée mais aussi défendue, de manière déterminée et responsable.

Pour sauver notre patrimoine roulant de la destruction ou d’un stockage permanent.

Pour sauver d’innombrables emplois et entreprises dans de nombreux secteurs économiques.

Pour sauver notre section, notre Automobile-Club, nos associations, nos rassemblements, nos sorties.

Il faut arrêter de vouloir opposer les modes de déplacement. A l’ACSO Classic, nous sommes tous piétons. Nous utilisons les transports en commun. Plusieurs d’entre nous circulent sur une trottinette, un scooter ou une moto. Et nous sommes nombreux à nous déplacer à vélo.

Plus globalement, vouloir interdire à l’ensemble des automobilistes, professionnels ou usagers, de pouvoir se déplacer dans Bordeaux est une provocation symbolique. En près de 125 ans d’existence, l’Automobile-Club du Sud-Ouest, ses membres et ses présidents ont eu à mener de nombreux combats pour défendre l’usage de l’automobile, au plan national comme local. En ce mois de juillet 2020, au micro de France 3, Claude Expert a ainsi dénoncé la volonté du nouveau maire et le désastre économique d’une muséification de Bordeaux.

Vive l’automobile, vive l’automobile ancienne et vive la passion !

Frederick LLORENS

bulletin mobilisation