RETRODOLLARS

Vendredi 29 janvier : à Bordeaux, la Place des Quinconces frissonne malgré un début d’agitation. Les monuments, y compris la structure toilée néo- byzantine du cirque Arlette Gruss, assurent. La tente Motul, héritée de la renaissance de la Maratuech, sort de sa cave. Il faut quatre bénévoles pour la monter. Il n’y en aura pas plus.

Samedi 30 janvier. Ils sont plus de cent équipages au départ de la première journée de la Traversée de Bordeaux. Jacques Guérin, emmitouflé comme la veille, est satisfait. Ses copains sont tous là. Ses clients aussi. La tente Motul abrite l’ACSO Classic. La tête, pas les pieds. L’après- midi est interminable. La boutique est ouverte à la grêle et aux quatre vents. Les acheteurs sont rares…ou démunis !

Dimanche 1 février : la centaine de voitures participantes revient de la deuxième boucle de la Traversée. Jacques Guérin est toujours aussi affairé. Les commentaires vont bon train. J’y participe comme la veille. La Mémoire de Bordeaux sort de sa torpeur. Les saucisses crépitent sur la plancha de l’ACSO Classic. Motobloc et Jean Luc Fournier ont retrouvé une nouvelle jeunesse. Un rayon de soleil s’ajoute à une flute (en plastique) de champagne pour égayer l’ambiance. Une bourriche d’huitre n’a aucune peine à préserver sa fraicheur. L’ACSO Classic sait recevoir. D’ailleurs, cela se sait, on s’y presse. L’après-midi est longue. Il faudra malheureusement remballer le stock. Les mêmes démonteront le campement. C’est fini. Jacques est toujours là. Ses copains aussi. Il fait nuit.

Vendredi 6 février : à Paris, j’entre à Rétromobile. Il fait déjà chaud à l’entrée. Tout est bondé, les vestiaires, les allées et les stands, sans parler des esplanades qui tiennent lieu de restaurants de terroir. Les sunlights éblouissent autant que les marchands internationaux. Je recense chez les marchands suisses et allemands plus de Mercedes 300 SL, affichées au-delà de deux millions d’euro,  que je ne trouverais de Twingo dans une succursale Renault. Il y en avait moins, en 1955, sous les verrières du Grand Palais. A cette époque on pouvait encore rêver les acheter pour 11000 US$. Las ! La vente, par Artcurial, d’une quarantaine d’épaves surgies d’une contrée plus célèbre pour son beurre gastronomique fait grand bruit. Ils ont, comme d’habitude, mis les moyens, le tapage médiatique y compris. La presse et le public adorent. On oubliera, un temps, une crise économique  latente que l’on préfèrera réserver aux autres.

Samedi 7 février : la presse commente, dithyrambique, les résultats de la vente de la veille. Plus de 40 millions d’euro ! Pour des amas de ferrailles déchiquetés, certes parfois dotés d’un pédigree, qui n’ont pourtant qu’une seule réalité: celle de ne pas être « auto-mobiles » en l’état. Et probablement pour longtemps ! Cela ne nous concerne pas : le département « gestion de patrimoine » de l’ACSO Classic n’est pas encore créé !

Dimanche 8 février : je remonte dans le train qui me ramènera à Bordeaux. J’y rencontre Jacques Guérin. Nous nous embrassons comme d’habitude. Un peu ébahis cependant !

Il fait encore froid à l’arrivée à Bordeaux.

Pierre WEHNER


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