Le Grand Prix de Saint-Médard-en-Jalles 1932

Alors que la ville de Pau obtient l’organisation du Grand Prix de l’ACF en 1930, la région Bordelaise réussit à organiser un Grand Prix plus local, le 26 juin 1932, à Saint-Médard-en-Jalles.

Située à quelques kilomètres à l’ouest de Bordeaux, cette commune est, au début des années 1930, grande par la superficie mais très peu peuplée avec un peu plus de 5.000 habitants.

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Sous l’impulsion des administrations locales comme les Ponts et Chaussées et du maire Antonin Larroque, et grâce aux efforts de l’ACSO et du MCB, la commune est le cadre de l’organisation d’un Grand Prix de Bordeaux, la troisième épreuve sous l’appellation Grand Prix dans l’agglomération. Un circuit de 4,700 kilomètres est ainsi tracé en forme de triangle avec l’aménagement des chaussées nécessaire à une telle épreuve. Pour permettre les meilleures vitesses, trois longues lignes droites sont choisies, une sur la route entre Bordeaux et Lacanau, une autre sur celle entre Bordeaux et Le Porge, la troisième reliant ces deux axes entre les virages d’Hastignan et de Picot.

Après un départ donné dans le sens Lacanau-Bordeaux devant des tribunes créées pour l’occasion, les motos devront effectuer de 47 à 63 tours du circuit. Du côté des voitures, les 750cm3, selon que le moteur est équipé d’un compresseur ou non, auront à faire 53 (sans) ou 58 tours (avec), les 1.100cm3 58 ou 62 tours, les 1.500cm3 62 ou 66 tours et enfin les moteurs 2 litres 66 ou 70 tours !  

Pour les motos, une seule course se déroule dans la matinée, à partir de 8h35, suivant le même système de handicap en rapport avec la cylindrée. Des conditions de course rendues difficiles par le rythme soutenu provoquent pas moins de dix abandons parmi les 32 engagés.  Confirmant ses succès précédents, Edouard Lafon l’emporte sur une 500cm3 Soyer, à la vitesse moyenne de 93 km/h. Cette moyenne, la meilleure de toutes, lui permet d’être ainsi désigné vainqueur général de la course. Dans les autres catégories, Barthe gagne en 175cm3 sur une Koehler Escoffier, Sourdot en 250cm3 sur une Monet-Goyon, et enfin André Naudon en 350cm3 sur sa Velocette.

A 14h30, le départ de la course des automobiles est donné pour les 16 partants sous un grand et beau soleil estival. En 2.000 cm3 avec compresseur figurent Ducouret et Miquel, et en 2.000 cm3 sans compresseur Renaud et de Foucaud. Ces quatre pilotes sont sur Bugatti. Le plateau des 1.100 cm3 avec compresseur est composé de Rongieras (BNC), Dourel (Amilcar), Devaud (Amilcar), Felix (Lombard) et Faure (BNC), alors que celui des 1.100 cm3 sans compresseur est constitué de Demazel (Salmson), Lemasson (Salmson), Courtois (Rally) et Galoisy (La Licorne). Enfin, les derniers engagés sont Desbois (Rosengart), Lartigue (Rosengart) et Rey (Peugeot) en 750 cm3.

Le premier tour est réalisé en 2’38 par Raoul Miquel sur sa Bugatti. Une autre Bugatti, celle d’Eugène Renaud prend la tête de la course dès le 5ème tour alors que la moyenne s’établit au-delà de la barre des 100 km/h. Le leader s’arrête au 13ème tour pour ravitailler et changer un pneu, avant de repartir à la troisième place derrière la Salmson de Lucien Demazel et la Bugatti de Raoul Miquel. Après de Foucaud, Ducouret et Devaux doivent également abandonner l’épreuve. En difficulté au 19ème tour, Miquel doit rétrograder jusqu’au quatrième rang alors que Lucien Lemasson hisse sa Salmson sur le podium provisoire. Alors troisième, Renaud casse une roue au virage d’Hastignan durant le 31ème tour ! Il réussit toutefois à réparer et à continuer la course.

Finalement, et avec un tour d’avance sur son dauphin, Lucien Demazel (pilote Salmson depuis l’année précédente) termine en vainqueur ses 58 tours effectués en 2h56’30. Derrière lui suivent Lemasson, Felix, Courtois, Galoisy, Renaud… Pierre Lartigue prend de son côté une revanche sur sa course du Parc Bordelais en 1929 et remporte la classe des 750cm3, alors que treize pilotes peuvent passer le drapeau à damier et terminer ce Grand Prix. Situé dans des tribunes aménagées, le public présent a pu assister à un superbe spectacle, avec des voitures atteignant les 200 km/h sur la route de Lacanau. Les deux Salmson qui signent le doublé avaient été engagées par Henri Laval, concessionnaire de la marque rue Fondaudège à Bordeaux depuis 1929.

Cet article est composé d'extraits issus du chapitre traitant de cette épreuve dans le livre « Les Grands Prix de Bordeaux 1951-1955 », publié chez FL Livres en 2013

années 1930

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