Le Pont d'Aquitaine

« Une réparation tardive à un oubli prolongé de la nation. » Ces mots, Jacques Chaban-Delmas les a prononcés le 6 mai 1967 lors de l’inauguration du Pont d’Aquitaine. Ils portent sur la question du franchissement de la Garonne à Bordeaux, et témoignent de l’arrivée tant attendue de ce nouvel ouvrage.

Hors franchissement ferroviaire, la capitale girondine se repose entièrement sur le Pont de Pierre, et ses contraintes, pour traverser le fleuve. Dès 1940, l’architecte de la ville Jacques D’Welles projette un pont en aval de la ville dans son projet d’aménagement global. Des études sont enfin mises en place en 1953 pour finaliser de nouveaux franchissements. Sur la table : le doublement du Pont de Pierre, un tunnel entre Bacalan et Lormont, et enfin un pont suspendu, toujours entre Bacalan et Lormont. Ce dernier projet est retenu en mars 1954, et la déclaration d’utilité publique est obtenue en 1956, dans la lignée du pont de Tancarville alors en construction (il permettra de franchir la Seine à partir de 1959).

La pose de la première pierre a lieu le 20 mai 1960, le jour même de l’inauguration de la nouvelle aérogare à Mérignac, et les travaux démarrent aussitôt. Des travaux lourds et multiples entre la colline Lormontaise et les marécages de Bacalan. Sur la rive gauche, les remblais sont tels que l’équivalent d’une île artificielle est pour ainsi dire réalisée pour soutenir le viaduc qui va constituer sur un kilomètre la rampe d’accès à la structure suspendue.

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Après plusieurs années de travaux, qui verront dans l’intervalle la construction et l’ouverture du Pont Saint-Jean en amont, le tablier est posé entre février 1966 et févier 1967. Jour important, le 1er avril 1967 est le cadre des tests de charge avec la présence et le passage simultané de plusieurs camions pour mettre à l’épreuve le pont et sa conception. Ces tests réussis, la finalisation du pont peut être faite et permettre cette inauguration en grande pompe du 6 mai 1967, avec bal et feux d’artifice.

Configuré à l’origine en 2x2 voies, avec de larges pistes cyclables (réaménagées à l’extérieur du pont depuis les travaux d’extension en 2x3 voies et de sécurisation au début du XXIème siècle), ce pont culmine à 53 mètres d’altitude pour son tablier, et 103 mètres pour ses pylônes. Il est raccordé à la RN10 à Lormont, pour rejoindre Bordeaux depuis Paris et le nord du département. Il est par ailleurs rapidement devenu l’élément incontournable de la rocade Bordelaise qui est initiée dans son prolongement au début des années 1970.

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Plus récemment, un des radars automatiques les plus « efficaces » de France a été implanté dans la descente vers Bordeaux, qui permet de réaliser chaque jour de nombreux clichés d’automobilistes roulant sur le Pont d’Aquitaine au-dessus des 70 km/h désormais réglementaires sur l’ouvrage : 191/jour en 2011, 187/jour en 2012, 174/jour en 2013… Une légère baisse, certes, mais un rythme régulier d’année en année…

Cet article a été rédigé par son auteur spécialement pour le site internet de l’ACSO Classic

années 1940 années 1950 années 1970 années 1960

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