L'EMBONPOINT DES GENDARMES... COUCHES

KIDORDINEDITON ! J’ai fait la connaissance de cette espèce de maréchaussée inoffensive (?) appelée « gendarmes couchés » il y a près de 40 ans en Guadeloupe. Sous influence américaine, à l’époque de la vague touristique du continent voisin, nos ressortissants antillais avaient baptisé ces étranges boursouflures routières du nom de « sleeping policemen ». Il est vrai que la nonchalance et la chaleur du climat légendaires de ces contrées devaient tout naturellement prédisposer à l’endormissement des gardiens (supposés) de la sécurité des automobilistes.

L’exemple antillais atteignit un peu plus tard la métropole et l’on vit apparaître ces verrues dans nos villes et nos campagnes. Au début discrets et clairsemés, les ralentisseurs ont connu une escalade qualitative et quantitative jusqu’à atteindre aujourd’hui des sommets parfois infranchissables tant les monticules de goudron et de sédiments variés qui barrent nos routes ne laissent aucune chance à la hauteur de caisse de nos pétulants roadsters. Et je passe sur le travail inconvenant qu’ils imposent à nos rotules, roulements, amortisseurs et autres biellettes de suspension, de direction et de pont jusqu’à transmettre la souffrance mécanique au mental et aux vertèbres des vaillants utilisateurs de ces fameuses machines. Franchir ces obstacles à 30 km, comme l’indiquent les panneaux routiers associés à ces monstruosités, relève d’un suicide mécanique dont la première victime est le plus souvent la ligne d’échappement et son silencieux (terme qu’on ne retrouve, en général, pas à l’intérieur de l’habitacle).

Je viens d’en partager, avec quelques amis, la douloureuse expérience lors d’un périple en Corse où il est déjà difficile de dépasser les 30 km/h vus la configuration et l’état des routes.

Le paradoxe de cette situation tient au fait que la multiplication et la dimension des « gendarmes couchés » est directement proportionnelle au nombre de « nids de poules » qui affectent nos chaussées urbaines et départementales! J’ai rêvé que les millions de tonnes d’enrobé consommés à l’usage de ces policiers à l’embonpoint démesuré… pourraient être utilisés pour boucher les trous d’un réseau routier communal famélique qui ne cesse de se dégrader.

Mais pour rêver, il faut dormir…et risquer l’embonpoint !

Pierre WEHNER


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Bulletin mai 2015Bulletin mai 2015

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