L'implantation de Ford à Bordeaux

« Vous avez le choix de la couleur pourvu que ce soit noir » avertissait Henry Ford à l’acheteur de L’Araignée, la Ford T ainsi nommée ne raison de sa hauteur sur pattes. Dès 1907, Henri Depasse importe Ford à Paris (Ford Motor Company est créée à Detroit en 1903). Gaston de la Maronnière acquiert en 1908 la première Ford vendue en Gironde.

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En 1914, Henri Depasse installe un atelier de montage 63 rue Fondaudège, mais les voitures sont en grande partie montées sur les quais après débarquement des caisses. Henry Ford exige de ses fournisseurs des caisses dont les planches doivent respecter des dimensions précises… mais pourquoi donc ?... pour les utiliser aussitôt comme marchepieds et planchers en particulier ! Maleville et Pigeon importent en 1918 les tracteurs Fordson. L’année suivante, le siège social de Ford est transféré de Paris à bordeaux, Place Sainte-Croix. Un sinistre se produit, Ford échange avec M. Maleville son site de Sainte-Croix contre de vastes locaux au 33-37 Boulevard Albert 1er, dans lesquels on installe une chaîne de montage qui produit 2341 véhicules.

1924 voit la mise au point d’un type spécial du modèle T, adapté au marché français : la Ford Bordelaise produite à 18000 exemplaires. La Maison Carde crée la version Frégoli – carrosserie modulable en huit versions, de la bétaillère au torpédo – et construit 15000 carrosseries pour châssis utilitaires Ford. Plus de 24000 Ford sortent de l’usine de Bordeaux en 1925 mais la production s’arrête en fin d’année au profit d’une nouvelle usine à Asnières. La Ford T Bordelaise est définitivement mise sur une voie de garage…

Au début de la guerre de 1939-1945, Ford revient à Bordeaux, 91 rue Blanqui, et fabrique des camions et du matériel militaire. L’usine est bombardée le 11 juin 1940. Quand Ford prend la décision, en 1970, d’installer une usine en France, les références passées du savoir-faire automobile bordelais ont certainement pesé dans le choix de notre ville. Le 19 juin 1973, Henry Ford II inaugure l’usine de Blanquefort. L’histoire se recommence et « qu’importe le nombre de vitesses, pourvu qu’elles soient automatiques ».

Cet article a été publié pour la 1ère fois par son auteur dans le livre « Dictionnaire de Bordeaux », publié aux éditions Loubatières en 2006

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