Le Grand Prix de Lesparre 1950

Le 14 mai 1950, Lesparre retrouve les saveurs et les odeurs de la compétition moto, mais cette fois dans le cadre d’un programme plus complet intégrant également une épreuve automobile de Formule 2. Cette nouvelle épreuve est organisée par l’ACSO, qui rejoint ainsi le Moto-Club du Médoc (Société d’encouragement créée en 1938), toujours en charge de la partie moto. L’initiative de cette course revient en effet à son ancien Président, M. Delrieu, et à son successeur Jean Dazat.

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De forme triangulaire, le nouveau circuit routier de 2,800 kilomètres emprunte notamment la route reliant Bordeaux à Soulac puis le cours Victor Hugo. Le tracé a bénéficié de nombreux travaux d’aménagement grâce notamment à la mise en place d’une souscription : routes élargies et goudronnées, bas-côtés aménagés et 93 ormeaux centenaires arrachés…

Après les essais du samedi, les monoplaces devront effectuer 75 tours de ce circuit Médocain ultra-rapide et sans réelle difficulté, où la fiabilité sera mise à rude épreuve.

Ayant la primeur de la programmation dans la matinée du dimanche, les courses de motos voient la victoire de Jacques Collot (Velocette) en 350cm3, après 25 tours de course tous disputés en tête devant le Parisien Georges Houel,  et celle de… Jean Behra (Moto-Guzzi) en 500cm3.

Le Champion de France en titre de la discipline l’emporte au terme des 30 tours devant Georges Houel (encore deuxième, sur Gilera) et Gustave Lefevre (Norton). Au passage, Jean Behra en profite pour signer le record du tour absolu du circuit, à 113,131 km/h de moyenne.

L’après-midi, treize monoplaces prennent à 15 heures le départ de la course de F2, sous la direction de Pierre Darroman, désormais Président d’Honneur de l’ACSO. Sur sa Ferrari 166, Raymond Sommer est le seul pilote de notoriété pour le public. Parti en tête après son meilleur temps réalisé lors des essais, il rencontre des problèmes d’embrayage dès le 3ème tour, qui le forcent à s’arrêter plusieurs minutes au stand, l’équivalent de quatre tours pour les hommes de tête. Autre potentiel favori, Robert doit lutter avec de nombreux soucis électriques sur sa Cisitalia.

La course se résume dès lors à une lute entre les deux Simca-Gordini T15 d’André Simon et de Roger Loyer. Ce dernier souffrait d’ailleurs d’un gros hématome à la jambe suite à un accident juste avant le départ de la course des motos 350cm3 où il était engagé. La plupart des poursuivants sont donc largement retardés, et plusieurs abandons sont à déplorer, dont celui de… Jean Behra, qui effectue sur une Cisitalia D46 à moteur FIAT une de ses premières courses automobile.

Détaché, André Simon signe une victoire amplement méritée après les 210 kilomètres de course, la première de sa carrière en monoplace. Pilotant de main de maître la T15 châssis n°11, construite en avril 1949, il devance d’un tour son coéquipier qui disposait de la T15 châssis n°9 fabriquée pour sa part en avril 1948.

Sommer réussit finalement à rallier l’arrivée à la troisième place. Cette course jouera toutefois un rôle majeur dans sa carrière, et surtout sa vie. C’est en effet à l’occasion de l’épreuve de Lesparre qu’il rencontre et accepte l’invitation des organisateurs de la course de F2 se disputant le 10 septembre à Cadours, entre Auch et Toulouse, où il trouvera la mort en sortant de la piste au volant de sa Cooper…

Cet article est composé d'extraits issus du chapitre traitant de cette épreuve dans le livre « Les Grands Prix de Bordeaux 1951-1955 », publié chez FL Livres en 2013

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