Les Grands Prix de Bordeaux 1951 - 1955

Premier Club automobile en France en dehors de Paris (1897), capitale de l’automobile en province (1899), organisateur du Grand Prix de France des cyclecars et voiturettes sur le circuit des Quatre Pavillons (1928), Bordeaux se doit, dans les années 1950, de revenir en pole position. Sous la présidence de Louis Baillot d’Estivaux, l’Automobile-Club du Sud-Ouest et une équipe de passionnés décident d’organiser un Grand Prix international de Formule 1 sur le Circuit des Quinconces créé à cette occasion.

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Le 29 avril 1951, « devant 60.000 spectateurs enthousiastes, Louis Rosier (Talbot 4,5L) enlève le Grand Prix automobile de Bordeaux » titre Sud Ouest en première page.  En 1952, l’ACSO privilégie la participation des compétiteurs bordelais et organise un circuit international de vitesse réservé aux voitures de sport et de tourisme améliorées, le succès est à l’arrivée.

Depuis sa création en 1950, le championnat du monde a sacré trois champions : Farina (1950), Fangio (1951) et Ascari (1952). Ces trois coureurs viennent à Bordeaux et luttent roues dans roues pour le grand prix des Champions du Monde de 1953 qui voit la victoire d’Ascari (Ferrari). Fangio (Gordini) se place troisième. Le Président de la République, René Coty, prend connaissance de la renommée du Grand Prix de Bordeaux de Formule et déclare le Grand Prix de 1954 « Grand Prix du Président de la République ».  La lutte prévue entre Maurice Trintignant (Ferrari) et Jean Behra (Gordini) est arbitrée par la pluie et surtout par l’argentin Gonzalez qui l’emporte au volant de sa Ferrari. Le jeune Stirling Moss effectue une remontée sensationnelle en fin de course et place sa Maserati à la 4ème place.

Le Grand Prix de 1955 annonce un nouveau face à face Trintignant sur la nouvelle Ferrari Supersqualo et Behra qui dispose maintenant d’une Maserati. Le duel tant attendu a lieu. Behra en sort victorieux, Trintignant abandonne. Comme l’année précédente, Stirling Moss gagne la sympathie du public et porte le record du tour à 109,371 km/h pour la beauté du geste ! « Le rideau est tombé dans une atmosphère de triomphe et dans l’allégresse générale, vive le Grand Prix de Bordeaux 1956 ! » Ce Grand prix n’aura jamais lieu, les conditions de sécurité draconiennes exigées par les autorités après le dramatique accident des 24 Heures du Mans 1955 sont inapplicables à Bordeaux.

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Il faut attendre 1987 pour entendre à nouveau le rugissement des bolides et sentir le ricin sur le circuit des Quinconces. Pour fêter les 90 ans de l’ACSO, Dominique Geffré a l’idée de faire revenir, pour une démonstration, les coureurs dans leurs voitures de l’époque et sur le même circuit. 50.000 spectateurs applaudissent à nouveau Trintignant, Gonzalez et le mythique Fangio au volant d’une Gordini.

Cet article a été publié pour la 1ère fois par son auteur dans le livre « Dictionnaire de Bordeaux », publié aux éditions Loubatières en 2006

années 1950

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