Louis Baillot d'Estivaux

(La Tremblade, 1903 – Bordeaux, 1983)

Esprit inventif et créatif, il se destine à la recherche. Diplômé ingénieur chimiste ENSCB, il fonde à Bordeaux en 1929 un laboratoire d’études et de recherches dont les travaux font l’objet de communications à l’Académie d’agriculture de France. On lui doit en particulier l’invention de la « thermolisation », procédé de pasteurisation des vins à faible température pour assurer leur conservation sans produit chimique. Comme son père, correspondant de L’Illustration à la fin du XIXème siècle, il connait parfaitement la photographie. En 1948, avec un ami, il met au point un appareil qui donne une photo en 8 secondes seulement après la prise de vue. Temps calculé depuis la pression sur le déclencheur jusqu’à la sortie de la photographie de l’appareil !

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Au volant de sa Bugatti, Louis Baillot d'Estivaux est au départ le 12 mai 1929 de la course de côte des Quatre-Pavillons, sous les ordres du Marquis de Fayolle, Président de l'Automobile-Club de la Dordogne

Grand amateur de sport automobile pour l’avoir lui-même pratiqué au volant de ses Bugatti, son record de montée du col de l’Aubisque n’est toujours pas battu. Il est nommé président de l’Automobile-Club du Sud-Ouest en 1947. Entouré d’une équipe sportive et dynamique, il crée en 1951 le premier Grand Prix automobile de Formule 1 de Bordeaux sur le Circuit des Quinconces. En 1973, il passe « le volant » de la présidence au jeune Pierre Sarthou.

En conclusion, une anecdote très personnelle… Nous sommes à Pilat-Plage, sur le bassin d’Arcachon, par une belle journée d’août 1939. La Bugatti 57 vert foncé et vert clair de mon père est sagement garée devant la villa Gorria-Churria louée pour les vacances. Ma future mère est à la place du passager puisque la conduite est à droite, mes futurs frères Patrick, 6 ans, et André, 10 ans, sont assis sur la capote. Mon père prend la photographie. Moi, je suis caché par la portière et la robe de ma mère, enceinte de 9 mois. Quelques jours plus tard, le 15 août, jour de l’anniversaire de Patrick, à l’heure du déjeuner, ma mère ressent des douleurs. Un départ précipité s’impose à vive allure, vers la maternité de Bordeaux, distante de 60 km. La course cycliste Bordeaux – Arcachon est traditionnelle, le 15 août, et les coureurs invectivent mon père… A cause de ses talents de pilote, je ne suis pas né dans la Bugatti, quel dommage ! Quant à mon frère Patrick, une voiture à pédales l’aurait certainement ravi davantage que ce cadeau d’anniversaire d’un petit frère braillard, né le même jour que lui, à la même heure, mais six ans plus tard.

Cet article a été publié pour la 1ère fois par son auteur dans le livre « Dictionnaire de Bordeaux », publié aux éditions Loubatières en 2006 (biographie de Louis Baillot d'Estivaux) et dans La Vie de l'Auto numéro 1373

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